Introduction concise : Ce guide ultime retrace la genèse d’un objet sonore singulier et son passage vers une pratique musicale globale.
L’origine et la histoire commencent à Berne, où le Hang® a vu le jour en 2000.
Felix Rohner et Sabina Schärer, au sein de PANArt, s’inspirent du steelpan et du ghatam pour créer un nouveau timbre. Le terme panart hangbau marque leur approche artisanale.
Nous promettons un parcours clair : racines caribéennes, étincelles de 1976 à 2000, diffusion lors des années 2000, puis la bascule vers le mot « handpan ».
Vous saurez pourquoi on confond souvent les noms, comment la rareté de PANArt a façonné le marché, et pourquoi cet objet en forme d’OVNI est devenu un instrument prisé pour l’improvisation et la percussion mélodique.
Comprendre le handpan, le Hang et le “Hang Drum” : définition et caractéristiques clés
Pour bien saisir cet instrument, il faut commencer par sa nature acoustique et sa forme singulière. Il s’agit d’un idiophone en acier composé de deux coques convexes collées, souvent décrite comme une lentille sonore.
Un instrument de percussion idiophone en acier, joué à la main
Contrairement à un vrai drum, ce nom populaire est trompeur : on joue avec les mains, pas avec des baguettes. Le terme « Hang Drum » s’est imposé dans le langage courant, même si le fabricant d’origine déconseille cet usage.
La “lentille” sonore : deux coques convexes assemblées
La moitié supérieure porte un ding central entouré de zones martelées qui forment les notes. Ces zones créent des champs accordés quand on les frappe doucement avec la main.
Notes, ding central, gammes et sensation de “pas de fausses notes”
L’instrument est ajusté sur une seule gamme, ce qui facilite l’improvisation et donne l’impression de « pas de fausses notes ». Cette architecture — ding central plus cercle de notes — structure le jeu et la couleur sonore.
Le port Gu et l’effet Helmholtz : quand l’instrument devient aussi un tambour udu
Certains modèles intègrent un port « Gu ». Cette cavité produit une résonance de type Helmholtz, jouable en ouvrant ou fermant l’orifice, un peu comme un udu. Le geste modifie la basse et enrichit la palette rythmique.
« Un instrument qui mêle percussion, mélodie et main pour une pratique intuitive. »
Pour approfondir les origines et la transition vers la famille actuelle, lire la suite sur cet héritage.
Avant le Hang : les racines caribéennes du steelpan et l’héritage des tambours en acier
L’histoire du steelpan commence dans les rues de la Caraïbe, où l’ingéniosité a transformé des bidons en voix musicales.
À Trinité-et-Tobago, au XXe siècle, ces tambours en acier deviennent rapidement des idiophones accordés. Les premiers modèles naissent d’un travail populaire, souvent accordés « à l’oreille » par des artisans locaux.
Progressivement, les méthodes évoluent. On introduit des harmoniques — octave puis quinte composée — pour améliorer le timbre, la justesse et le sustain. Ce passage aux standards modernes vise la stabilité et la qualité du son.
Le steelpan a influencé la création du handpan par le choix du acier, le martelage des surfaces et l’idée de champs de notes. Le nouvel instrument réinterprète ces techniques pour un jeu plus intime à la main.
« Un héritage caribéen qui fournit la base technique et musicale pour des innovations en Europe. »
| Étape | Période | Technique | Impact |
|---|---|---|---|
| Naissance populaire | Début XXe | Accordage à l’oreille | Création d’idiophones locaux |
| Standardisation | Milieu XXe | Ajout d’harmoniques | Meilleur timbre et stabilité |
| Transmission | Années 1970-1990 | Travail de surface et martelage | Inspiration pour de nouveaux instruments |
Les créateurs : Felix Rohner et Sabina Schärer, de l’atelier à Berne à PANArt
Dans l’atelier de Berne, deux artisans ont transformé la passion pour l’acier en une quête sonore précise.
1976 marque le tournant : felix rohner découvre le steeldrum et commence une longue exploration des possibilités de l’acier accordé.
1976 : la rencontre avec le steeldrum
Ce contact initial stimule des essais techniques. Rohner mesure, martèle et note des écarts de timbre. Ces premiers pas posent les bases d’une démarche artisanale rigoureuse.
1993-1995 : création de l’atelier et arrivée d’une partenaire
Le 12 mai 1993, il fonde PANArt Steelpan Manufaktur SA. Vers 1995, sabina schärer rejoint l’équipe et le duo structure une vision commune.
Le choix artisanal : fabrication, précision et recherche
Ensemble, felix rohner sabina mettent l’accent sur la fabrication, l’accordage et la répétabilité. Ils développent un acier nitruré (plus tard appelé Pang) et lancent des protocoles de recherche.
« Des créateurs qui allient l’atelier et la science pour contrôler la sensibilité d’un instrument joué à la main. »

Pour en savoir plus sur leur parcours et la naissance progressive de PANArt, lisez l’histoire de PANArt.
De l’idée au prototype : l’étincelle de Reto Weber et l’influence du ghatam
En novembre 1999, une visite inattendue allait déclencher une série d’expérimentations sonores. Reto Weber apporte un ghatam et propose un « ghatam en métal ». Cette idée marque le début d’une phase de création intense.
Pourquoi le ghatam ? Le jeu à mains nues, la richesse percussive et l’importance de la cavité attirent l’attention. Les artisans cherchent à garder cette expressivité tout en passant à l’acier.
Prototypes et inspirations croisées
Les essais multiplient les solutions : martelage, traitements, formes de champs de notes. Les instruments sources sont nombreux :
- Tabla — attaque et précision.
- Gamelan — puissance harmonique.
- Tambours et cloches — enveloppe et sustain.
- Diapasons — pureté fréquentielle.
La forme qui gagne
Après de la recherche sur l’architecture acoustique, l’équipe retient une forme à deux coques convexes collées. Cette lentille assure rigidité mécanique, séparation des champs et projection sonore.
« Un pot sonore repensé pour la main : ergonomie circulaire, placement des notes et confort de jeu deviennent des critères décisifs. »
Le prototype, optimisé pour le jeu circulaire et la projection, se prédispose alors à une présentation publique. L’étape suivante sera la naissance officielle de l’instrument nommé.
Naissance du Hang de PANArt : année 2000, premières générations et diffusion mondiale
En l’an 2000, un objet sonore suisse prit forme, mû par une volonté d’ergonomie et de timbre nouveau.
Le modèle finalisé privilégiait le jeu à la main, une architecture de deux coques et un objectif : une palette douce pour l’improvisation.

Origine du nom
« Hang » vient du bernois et renvoie à la main, parfois à l’idée de colline, en lien avec la forme convexe.
Musikmesse 2001 et diffusion
La présentation à Francfort en 2001 a été perçue comme une révélation par de nombreux musiciens.
Un réseau de distribution a rapidement assuré une diffusion vers le monde.
2000–2005 : créativité et matériaux
Entre ces années, environ 45 gammes et configurations ont vu le jour. PANArt a travaillé l’acier nitruré appelé Pang.
La fabrication reste artisanale, la production limitée, et la recherche de qualité exige du temps.
| Période | Production | Variations | Impact |
|---|---|---|---|
| 2000 | Prototype finalisé | Forme et ding central | Lancement public |
| 2001 | Début distribution | Visibilité internationale | Intérêt des musiciens |
| 2000–2005 | Production limitée | ~45 gammes | Diffusion mondiale |
« Un objet artisanal qui a su séduire le monde par sa richesse sonore et sa simplicité de jeu. »
Origine du handpan : histoire, PanArt et évolution de l’instrument
Le virage de 2003 traduit la volonté d’affirmer une identité autour d’un modèle joué à la main. Le changement de nom en 2003 officialise que le Hang devient central à la production et à la marque.
2003 : un nom pour une mission
Remaniement administratif et image de marque suivent une logique simple : concentrer l’activité sur cet objet unique. Le nouveau nom signale une spécialisation et des enjeux de protection du nom.
2005–2006 : viralité et pression
Les vidéos sur YouTube et les réseaux sociaux provoquent une demande qui augmente de plus en plus. La visibilité mondiale met à l’épreuve une fabrication artisanale.
La production, lente et manuelle, ne peut absorber un marché mondial soudain. Résultat : listes d’attente et spéculation.
Stratégie commerciale et contrôle
Pour contenir la revente, la vente a été recentrée en Suisse. PANArt demandait une lettre de motivation et imposait des clauses anti-revente.
« Limiter la diffusion commerciale visait à préserver un lien direct avec les musiciens et la qualité sonore. »
Pause, recherche et qualité
Des pauses volontaires ont servi la R&D. L’objectif : améliorer l’accordage et la stabilité des notes.
Cette quête de qualité a renforcé la cohérence sonore entre exemplaires et justifié la rareté.

| Année | Événement | Conséquence |
|---|---|---|
| 2003 | Renommage officiel | Identité centrée sur le modèle |
| 2005–2006 | Viralité web | Demande mondiale accrue |
| 2006+ | Vente contrôlée | Rareté, listes d’attente, protection du nom |
Du Hang au “handpan” : apparition du terme, copies et autres fabricants
La nécessité d’un mot générique est devenue évidente quand la forme et le son se sont multipliés hors de l’atelier d’origine.
Pourquoi PANArt refuse l’usage générique
PANArt a protégé le nom pour préserver l’identité et la qualité de son modèle. Cette stratégie visait à distinguer l’objet original des copies et à contrôler la vente.
2007 : naissance d’un terme parapluie
En 2007, Kyle Cox (Pantheon Steel) a proposé « handpan » pour nommer la famille. Ce mot permet de regrouper des variantes jouées à la main sur une même ligne organologique.
Répliques et noms alternatifs
Rapidement, d’autres fabricants ont produit des versions concurrentes. Des appellations comme Caisa, Halo, Bells ou Spacedrum sont apparues.

Le terme pantam circule aussi, souvent pour signaler une filiation ou un style sonore. « UFO drum » reste un surnom descriptif chez le grand public.
« Dans la recherche, ‘Hang Drum’ reste fréquent, mais la communauté utilise majoritairement le terme générique proposé en 2007. »
Pour éviter les confusions lors d’un achat ou d’une recherche, dites Hang pour l’objet original et préférez le terme générique quand vous parlez de la famille produite par d’autres fabricants.
Évolution moderne : accordage, qualité, innovations et instruments similaires
L’évolution récente met l’accent sur des relations de fréquences précises pour améliorer la couleur sonore.
Le triptyque harmonique 1:2:3
Le rapport 1:2:3 signifie fondamentale, octave et quinte composée. Cet accordage favorise un son riche, stable et facile à harmoniser.
On entend une attaque claire, un corps rond et des harmoniques qui soutiennent la gamme. C’est ce qui donne une impression d’« absence de fausses notes » en pratique musicale.
Stabilité et shoulder tones
La tenue d’accord et l’équilibre entre notes limitent les interférences. Les luthiers cherchent un sustain maîtrisé et l’absence de vibrations parasites.
Les shoulder tones sont des harmoniques additionnelles qui ajoutent de la couleur. Elles enrichissent le timbre, mais ne garantissent pas automatiquement la qualité.
Innovations : architecture et versions électroniques
Plus de notes, dispositions alternatives, double Gu et versions électroniques élargissent l’expressivité. Les modèles électroniques offrent effets et flexibilité, sans remplacer la vibration acoustique.
Instruments similaires
Le steel tongue drum et d’autres idiophones en acier proposent une approche différente : construction, dynamique et projection varient, tout comme le prix.
Comment reconnaître une bonne fabrication
- Régularité de timbre entre notes
- Sustain contrôlé et justesse stable
- Absence de bruits parasites
- Finition soignée et réputation des fabricants
- Service après-vente et possibilité de retuning
« Le marché compte désormais de très nombreux fabricants : choisir repose sur des critères techniques et un test à l’oreille. »
| Critère | Indicateur | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Accordage | 1:2:3 présent, justesse | Assure richesse harmonique et stabilité |
| Stabilité | Sustain maîtrisé | Réduit les interférences entre notes |
| Finition | Surface, soudure, port Gu | Impacte projection et durabilité |
| Support | Retuning, garantie | Maintient la qualité sur le long terme |
Pour approfondir les différences historiques et les choix de fabrication, consultez cet article.
Conclusion
La rencontre atelier–tradition, a permis de transformer des origines caribéennes et l’idée du ghatam en un objet joué à la main.
En synthèse : un acier travaillé, un ding central, des zones accordées et parfois un Gu forment la base de cet instrument. La diffusion via le web a élargi la famille et accéléré son adoption.
Aujourd’hui, la trajectoire va du modèle artisanal rare à une scène riche en fabricants et innovations. Pour choisir, privilégiez la qualité, la justesse, la stabilité et le suivi plutôt que le seul coup de cœur visuel.
Écoutez plusieurs gammes, comparez les sensations de jeu et informez‑vous sur la fabrication et les origines avant d’acheter ; cette méthode protège votre investissement et enrichit votre pratique musicale.





